Tableaux de Igor
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Et si nous allions enfin habiter le monde poétiquement ? Et si se dessinait enfin la première philosophie de l’économie ?

Pour répondre à l’invitation de Novalis, nous pouvons proclamer que nous devons « habiter le monde en poète » selon la formule du poète Hölderlin et « élever les choses à une qualité supérieure ».

Ce sont à mon sens les bases de construction pour une vraie Philosophie de l’économie. Il ne s’agit pas de tout changer mais de réajuster l’économie vers plus de qualité et de réinjecter du sens dans toutes ses actions et productions. L’enseignement fructueux de toutes les initiatives citées est simple. Intellect et sensible ne s’opposent pas et sont indissociables. Nous faisons Un avec la nature, le cosmos. Les richesses et les sagesses ne sont pas incompatibles. Les biens matériels ne sont pas nos seules richesses et ne contiennent pas tout le patrimoine de l’Humanité.

Plutôt que d’opposer la culture, l’intelligence et la spiritualité d’un côté, l’économie et la technique de l’autre, peut-être devrions-nous prendre conscience que les dimensions matérielles et spirituelles sont très intimement liées tellement liées qu’il n’existe probablement qu’une seule réalité interdépendante que nos découpages conceptuels divisent artificiellement.

Comme l’avait très bien compris Julien Green : “le plus grand pêché du monde est le refus de l’invisible”.

Il faut passer d’une pensée qui sépare et qui réduit à une pensée qui distingue et relie. L’important est de conjuguer plusieurs formes d’intelligence et de connaissance – qu’elle soit scientifique, religieuse, philosophique, artistique, entrepreneuriale ou autre. Tout cela participe de l’humanité.

Ainsi il apparaît plus fructueux en économie d’essayer de réunir les bonnes composantes de la morale, de la religion, du libéralisme et de tous les éléments positifs à venir, au lieu de s’engager sur une voie unique non transformable. Car l’important est de toujours pouvoir agir et transformer l’économie en fonction des aléas et enjeux de notre temps. L’important est de ne pas tomber dans de nouveaux excès ou formes d’intégrisme qui déjà pointent leur nez chez certains défenseurs du capitalisme vertueux !

C’est pour cela que je parie sur la poésie comme nouvel argument économique !

Car comme l’a bien explicité Hans Magnus Enzensberger « Il n’existe pas de marché pour la poésie. Le poème est le seul produit de l’activité spirituelle humaine immunisée contre tout essai de mise à profit ».

C’est d’ailleurs ce message que contient en filigrane le film de Barnet Bain qui, en transformant les médias en méga poème visuelle enthousiasmant, les rapproche ainsi d’ une forme d’auto-compréhension et d’auto-thérapie …

"Quand la poésie nous parle de l’incommensurable beauté de la nature ou du mystère toujours renouvelé des choses les plus simples et les plus quotidiennes…c’est pour nous indiquer que si nous nous fermons à ce que sont et ce que nous disent ces signes, cette beauté des choses, c’est en un certain sens à nos propres possibilités d’être, de vivre et de devenir que nous nous fermerons" Jean-Claude Renard.

Habiter le monde poétiquement est sans doute la voie à suivre pour nous, pour l’économie pour la société. La voie “altruiste, ouverte, positive” qui nous immunisera contre tout excès, tout dogmatisme. La voie qui nous fera grandir – Tout comme – L’homme n’est pas encore (Père Pierre Teilhard de Chardin). La voie sans orgueils qui réunira toutes les cultures. La voie porteuse d’espoir, d’avenir positif qui passe pour moi par une symbiose du vivant et du technologique ! Oui, surtout n’associez pas l’idée d’une économie vertueuse à de la décroissance, à de la techno phobie !

Maryline Passini

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